IRVE et bornes de recharge

Ce que vous devez retenir :

  • ✅ Depuis le 1er janvier 2025, tout bâtiment non résidentiel accueillant du public dont le parking dépasse 20 places doit disposer d’au moins un point de recharge par tranche de 20 places.
  • ✅ Le poste qui fait dérailler les budgets IRVE n’est presque jamais la borne : c’est le tableau, le câble et la puissance disponible en amont.
  • ✅ Un pré-équipement bien dimensionné coûte une fraction de ce que coûtera la reprise du parking dans trois ans.

Qu’est-ce qu’une IRVE et que comprend une installation ?

Réponse canonique : une IRVE, infrastructure de recharge pour véhicules électriques, désigne l’ensemble de la chaîne qui alimente les bornes : arrivée de puissance, protection, tableau dédié, câblage, supervision, et enfin les points de charge. La borne visible ne représente qu’une part minoritaire de l’installation.

Pourquoi c’est vrai : une borne se remplace en une heure, un câble enterré sous un parking se remplace en semaines.

Sur un projet tertiaire, le poste de dépense se répartit entre le génie civil du parking, le tirage de câbles depuis le local technique, la création ou le renforcement d’un tableau dédié, et le matériel de recharge. C’est pourquoi le dimensionnement relève du bureau d’études électricité avant de relever du fournisseur de bornes.

Quelles sont vos obligations réglementaires ?

Réponse canonique : deux régimes coexistent. Le pré-équipement impose de préparer les gaines et l’alimentation d’une part des places lors d’une construction ou d’une rénovation importante. L’équipement impose d’installer des points de recharge effectifs sur les parkings de bâtiments non résidentiels accueillant du public.

Régime Ce qui est exigé Depuis
Pré-équipement (permis déposé après le 11 mars 2021) 20 % des places pré-équipées, dont 2 % accessibles aux personnes à mobilité réduite 11 mars 2021
Équipement (bâtiment non résidentiel accueillant du public, parking > 20 places) Au moins 1 point de recharge par tranche de 20 places 1er janvier 2025
Parkings de moins de 10 places Aucune obligation Sans objet

Source : Fédération Française du Bâtiment, obligations de pré-équipement et d’équipement pour les IRVE, issues du code de la construction et de l’habitation et de la loi d’orientation des mobilités. Périmètre : France, bâtiments non résidentiels. Pour les parkings de plus de 200 places, deux emplacements doivent être adaptés aux personnes à mobilité réduite, dont un exclusivement réservé.

Les obligations antérieures restent utiles à connaître sur un patrimoine existant : les permis déposés entre 2017 et mars 2021 exigeaient 20 % de places pré-équipées au-delà de 40 places, et 10 % en dessous. Vérifier ce qui a réellement été posé à l’époque est souvent la première étape d’un projet de mise en conformité.

Le vrai sujet : la puissance disponible

Réponse canonique : avant de choisir des bornes, il faut savoir ce que le bâtiment peut délivrer. Dix bornes de 22 kW appellent 220 kW de puissance simultanée théorique, ce que la majorité des tableaux tertiaires existants ne peuvent pas fournir sans renforcement ou sans pilotage de charge.

Trois leviers permettent de sortir de cette impasse, et le bon choix dépend du profil de stationnement du site :

  • Le pilotage de charge répartit dynamiquement la puissance disponible entre les véhicules branchés. Sur un parking de salariés qui stationnent huit heures, il suffit largement.
  • Le renforcement du branchement augmente la puissance souscrite. C’est la solution la plus coûteuse et la plus longue, à réserver aux flottes à rotation rapide.
  • La production locale, en toiture ou en ombrière, décale une partie de l’appel de puissance. C’est le point de jonction avec le photovoltaïque en entreprise.

Ce calcul relève du bilan de puissance, exactement comme le reste de la distribution en courants forts du bâtiment. C’est la raison pour laquelle une IRVE ne se traite pas isolément du reste de l’installation électrique.

IRVE en copropriété : un cadre différent

Réponse canonique : en copropriété, un occupant peut demander l’installation d’un point de recharge à ses frais sur sa place de stationnement, sans que l’assemblée générale puisse s’y opposer sans motif sérieux et légitime. C’est ce qu’on appelle le droit à la prise.

Dans la pratique, deux voies s’offrent au syndic. La solution individuelle traite les demandes une par une, ce qui aboutit vite à un empilement de câblages hétérogènes. La solution collective consiste à créer une infrastructure commune, avec un point de livraison dédié et un comptage par utilisateur, sur laquelle chaque copropriétaire vient se raccorder ensuite.

La seconde coûte davantage au départ et beaucoup moins à l’arrivée. Elle demande en revanche une étude préalable sérieuse, car elle engage la copropriété sur vingt ans. Nous détaillons la procédure, les délais d’opposition du syndic et l’arbitrage de dimensionnement sur notre page bornes de recharge en copropriété.

Notre approche sur les projets IRVE

ETR conçoit et réalise des installations de recharge dans le cadre de son lot électricité, en Normandie et en Île-de-France. Notre réalisation bornes électriques illustre cette intervention.

Notre point d’entrée n’est pas le catalogue de bornes mais l’état de votre installation. Nous partons du tableau existant, de la puissance souscrite et de la configuration du parking pour déterminer ce qui est réalisable, à quel coût, et en combien de phases. Cette approche produit souvent une recommandation moins ambitieuse que prévu sur le nombre de bornes immédiates, et beaucoup plus solide sur la capacité à en ajouter ensuite.

FAQ

Combien coûte l’installation d’une borne de recharge en entreprise ?

Le prix de la borne elle-même varie peu. Ce qui fait l’écart, c’est la distance entre le tableau et l’emplacement, la nécessité de tranchées, et l’éventuel renforcement de puissance. Sur un parking dont le local technique est proche, le coût est modéré ; sur un parking éloigné, le génie civil peut représenter la majorité du budget. Seule une visite permet de trancher.

Faut-il une qualification particulière pour installer une IRVE ?

Oui. L’installation de bornes de recharge relève d’une qualification IRVE spécifique, distincte de l’habilitation électrique générale. Elle conditionne aussi l’accès à certains dispositifs de soutien financier.

Un salarié peut-il recharger son véhicule personnel au travail ?

Rien ne l’interdit, mais cela relève d’une décision de l’employeur, qui doit en définir les modalités : accès, facturation ou gratuité, avantage en nature éventuel. Techniquement, cela change surtout le profil d’usage des bornes et donc leur dimensionnement.

Peut-on installer des bornes progressivement ?

C’est même la bonne méthode, à condition de dimensionner l’infrastructure amont pour la cible finale dès la première phase. Poser le câble et le tableau pour dix bornes en n’en installant que trois coûte peu ; refaire la tranchée à la sixième coûte cher.

Faire étudier votre projet de recharge

Transmettez-nous le plan de votre parking, votre puissance souscrite actuelle et le nombre de véhicules à équiper. Nous vous dirons ce que votre installation supporte aujourd’hui, ce qu’un pilotage de charge permettrait d’éviter comme renforcement, et où se situent vos obligations réglementaires.

Demander une étude de faisabilité

À lire aussi

Dernière mise à jour : 01/09/2026
Périmètre : France, interventions en Normandie et en Île-de-France. Obligations réglementaires valables à la date de mise à jour.