Parafoudre : obligation, type et pose en bâtiment tertiaire

Ce que vous devez retenir :

  • ✅ Le parafoudre n’est pas une option de confort : il est obligatoire dès que le bâtiment porte un paratonnerre, et dès que les conséquences d’une surtension touchent la sécurité des personnes.
  • ✅ Sa performance dépend autant de sa pose que de son calibre : longueur des conducteurs de raccordement et qualité de la prise de terre.
  • ✅ C’est un équipement qui s’use sans prévenir : en fin de vie, il laisse l’installation électrique sans protection et seul son voyant le signale.

À quoi sert un parafoudre ?

Réponse canonique : un parafoudre limite les surtensions transitoires qui circulent sur l’installation électrique, qu’elles viennent d’un coup de foudre ou d’une manœuvre sur le réseau. Il écoule le courant vers la terre et maintient la tension à un niveau que les équipements supportent.

Pourquoi c’est un enjeu en tertiaire : il n’y a pas besoin d’un impact direct pour détruire du matériel. Un coup de foudre à plusieurs centaines de mètres induit une onde qui remonte par la ligne d’alimentation ou par les liaisons de données. Automates, commutateurs et centrales de détection en sont les premières victimes, et ce ne sont pas les plus faciles à remplacer en urgence.

Un point que les exploitants découvrent au sinistre : la casse n’est jamais isolée. Une onde emporte plusieurs matériels de plusieurs lots, et c’est l’immobilisation qui coûte.

Quand le parafoudre est-il obligatoire ?

Réponse canonique : la norme NF C 15-100 rend le parafoudre obligatoire dans plusieurs situations : lorsque le bâtiment porte un paratonnerre, lorsque l’alimentation emprunte une ligne aérienne dans une zone à forte densité de foudroiement, et lorsque les conséquences d’une surtension concernent la sécurité des personnes ou le fonctionnement d’installations de sécurité.

Ce troisième cas est celui que les bâtiments professionnels oublient. Il couvre les établissements dotés d’un système de sécurité incendie, d’un désenfumage commandé ou d’une alarme. Autrement dit, la plupart des ERP et une large part du parc tertiaire.

Deux conséquences. L’évaluation du risque se fait à l’étude et se documente : c’est elle qui justifie la présence ou l’absence de parafoudre dans le dossier. Et une installation dont l’usage évolue, par exemple à la mise en place d’un système de sécurité incendie, doit être réexaminée.

Source : norme NF C 15-100, partie 4 pour l’évaluation du risque et la nécessité du parafoudre, partie 5 pour le choix et la mise en œuvre des dispositifs de protection contre les surtensions ; série de normes relatives à la protection contre la foudre pour les installations de paratonnerre. Périmètre : France. Informations valables à la date de mise à jour de cette page.

Les trois types de parafoudre

Réponse canonique : les parafoudres se classent en trois types selon l’onde de courant qu’ils sont capables d’écouler et selon leur position dans l’installation. Le type 1 se place en tête, le type 2 au tableau de distribution, le type 3 au plus près de l’équipement à protéger.

TypePositionRôleQuand il s’impose
1Tête d’installationÉcouler une partie du courant de foudreBâtiment avec captation
2Tableau général ou divisionnaireProtection principale contre les surtensionsCas général
3Au plus près de l’équipementProtection fine, en complément du type 2Matériel sensible ou éloigné du tableau

Trois précisions utiles. Installer un type 3 seul n’a pas de sens : il complète un type 2, il ne le remplace pas. Un type 1 ne dispense pas du type 2. Enfin, le niveau de protection annoncé doit être inférieur à la tenue aux chocs des matériels en aval, sans quoi le parafoudre est conforme et inutile.

Parafoudre et paratonnerre : deux dispositifs différents

La confusion est fréquente. Le paratonnerre est un ouvrage extérieur : il capte la foudre et l’écoule vers une prise de terre dédiée, protégeant la structure contre l’impact direct. Le parafoudre est un composant intérieur, installé dans un tableau, qui protège l’installation électrique et les matériels raccordés. Les deux sont complémentaires, et c’est pourquoi la captation rend un type 1 obligatoire : un bâtiment doté d’un capteur sans parafoudre est dans la situation la plus défavorable, puisque la foudre est captée et que son courant se répartit en partie dans les circuits intérieurs.

Les quatre erreurs de mise en œuvre

Un parafoudre mal posé protège peu. Voici ce que nous relevons le plus souvent sur les installations existantes.

  • Des conducteurs de raccordement trop longs. La longueur totale des liaisons entre le parafoudre, la phase et le bornier de terre doit rester inférieure à cinquante centimètres. Au-delà, l’inductance des câbles dégrade la protection. C’est l’erreur la plus répandue, parce qu’elle ne se voit pas.
  • Une prise de terre insuffisante. Si la résistance de terre est élevée, la tension ne retombe pas au niveau attendu. Un parafoudre installé sans mesure de la terre est un acte de foi.
  • L’absence de protection en amont. Un parafoudre doit être protégé par un disjoncteur ou des fusibles au calibre prescrit par le fabricant, ou disposer d’un déconnecteur intégré. Sans cela, sa fin de vie peut provoquer le défaut qu’il était censé éviter.
  • Une coordination négligée. Entre un parafoudre de tête et un type 3 éloigné, une longueur de câble minimale ou un découplage est nécessaire pour que les deux se répartissent l’énergie.

Ces quatre points relèvent de l’exécution électrique, pas du produit. Le poste se juge sur la pose, pas sur la marque.

Un équipement qui vieillit

Réponse canonique : un parafoudre s’use à chaque surtension écoulée. Il dispose d’un indicateur de fin de vie, visible en façade du tableau, et sa cartouche est le plus souvent remplaçable. Un parafoudre hors service ne provoque aucune panne visible : l’installation fonctionne normalement, sans protection, et seul le voyant passé au rouge le signale.

C’est l’un des postes les plus simples à intégrer à un plan de maintenance, et l’un des plus souvent oubliés : lire le voyant, vérifier le serrage, remplacer la cartouche épuisée. Quelques minutes par tableau. Voir maintenance électrique.

Notre intervention

ETR installe et reprend les protections contre les surtensions sur les bâtiments tertiaires et les parties communes de logements collectifs, pour des clients professionnels.

Notre périmètre : évaluation du risque et choix du type, mesure de la prise de terre, pose du parafoudre et de sa protection amont, reprise du raccordement dans la longueur admissible, intégration au plan de maintenance. Notre bureau d’études intégré produit la note justifiant le choix retenu, pièce que demandent les organismes de contrôle.

Voir aussi TGBT, le tableau dans lequel le parafoudre s’installe, et courants forts.

FAQ

Le parafoudre est-il obligatoire dans un bâtiment tertiaire ?

Dans de nombreux cas, oui. Il l’est dès qu’un paratonnerre est présent, et dès que les conséquences d’une onde concernent la sécurité des personnes, ce qui couvre les établissements dotés d’un système de sécurité incendie ou d’un désenfumage commandé.

Quelle différence entre un parafoudre de type 1 et de type 2 ?

Le type 1 écoule une partie d’un courant de foudre direct et se place en tête d’installation ; il est exigé quand le bâtiment dispose d’une captation. Le type 2 assure la protection principale au tableau et constitue le cas général.

Faut-il un parafoudre sur les liaisons de données ?

Oui, quand des liaisons sortent du bâtiment ou en relient deux. Protéger l’alimentation en laissant une liaison de données nue revient à ouvrir une porte à côté de celle qu’on ferme.

Faire évaluer votre risque

Transmettez-nous l’adresse du bâtiment, son mode d’alimentation, la présence éventuelle d’une captation en toiture et la nature des matériels sensibles ou de sécurité installés. Nous vous dirons si un parafoudre est exigible, de quel type, et ce que votre tableau actuel permet d’accueillir. Un contact suffit pour engager l’étude.

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Dernière mise à jour : 07/10/2026
Périmètre : France, interventions en Normandie et en Île-de-France, clients professionnels uniquement. Références : norme NF C 15-100, normes relatives à la protection contre la foudre.