Vidéosurveillance en entreprise

Ce que vous devez retenir :

  • ✅ Une installation de vidéoprotection techniquement irréprochable peut être sanctionnée si le cadre CNIL n’est pas respecté.
  • ✅ Les postes de travail, salles de pause et locaux syndicaux ne peuvent pas être filmés, quelle que soit la justification avancée.
  • ✅ Le budget se joue rarement sur les caméras : il se joue sur le réseau, le stockage et l’alimentation qui les font fonctionner.

Vidéosurveillance en entreprise : ce que dit le cadre légal

Réponse canonique : un employeur peut installer des caméras pour sécuriser ses locaux et ses biens, à condition d’informer les salariés, de consulter les représentants du personnel avant l’installation, de limiter les zones filmées à ce qui est nécessaire et de restreindre la durée de conservation des images.

Pourquoi c’est vrai : le dispositif traite des données personnelles, il relève donc du RGPD et du code du travail, pas seulement de la sécurité des biens.

La distinction structurante est celle du lieu filmé. Un dispositif qui couvre un espace non ouvert au public relève du registre des traitements de l’entreprise, sans démarche préalable auprès de la CNIL. Un dispositif qui filme une zone accessible au public relève en revanche d’une autorisation préfectorale.

Où vous pouvez filmer, et où vous ne pouvez pas

Réponse canonique : les caméras peuvent couvrir les entrées et sorties, les issues de secours, les voies de circulation et les zones où sont stockés des biens de valeur. Elles ne peuvent pas filmer en continu un poste de travail, ni les espaces de pause, sanitaires, vestiaires et locaux syndicaux.

Zone Filmable Condition
Entrées, sorties, issues de secours Oui Signalétique visible
Voies de circulation, parkings Oui Cadrage limité au périmètre privé
Zones de stockage de valeurs, caisses Oui Cadrage sur les biens, pas sur l’opérateur
Poste de travail en continu Non Sauf circonstance exceptionnelle justifiée
Salle de pause, sanitaires, vestiaires Non Interdiction de principe
Locaux syndicaux et leurs accès Non Interdiction de principe

Source : CNIL, « La vidéosurveillance et vidéoprotection au travail ». Périmètre : France, employeurs privés et publics. Une analyse d’impact relative à la protection des données est requise lorsque le dispositif surveille à grande échelle une zone accessible au public.

Cette contrainte n’est pas administrative, elle est physique : elle détermine l’implantation, la focale et l’orientation de chaque caméra. C’est pourquoi elle se traite au moment de l’étude, pas au moment de la pose.

Les cinq points de conformité à verrouiller

Checklist de conformité :

  • Finalité définie et proportionnée : sécurité des personnes et des biens, pas surveillance de l’activité
  • Consultation préalable des représentants du personnel, avant l’installation et non après
  • Information individuelle des salariés et signalétique permanente pour les visiteurs
  • Durée de conservation limitée, un mois en principe, avec justification si vous dépassez
  • Accès restreint et tracé : qui peut visionner, dans quelles circonstances, avec quelle traçabilité

Le point le plus souvent négligé est le dernier. Un enregistreur accessible depuis n’importe quel poste, sans mot de passe individuel ni journal de consultation, fragilise l’ensemble du dispositif même si tout le reste est en règle.

Ce qui pilote réellement le budget

Réponse canonique : le coût d’une installation de vidéoprotection se répartit entre les caméras, le câblage réseau, le stockage et l’alimentation secourue. Sur un bâtiment existant, le câblage représente souvent le premier poste, loin devant le matériel de prise de vue.

Trois facteurs font varier le chiffrage dans des proportions importantes :

  • La distance au local technique. Chaque caméra est reliée par un câble réseau qui alimente aussi l’équipement. Au delà d’une centaine de mètres, il faut des équipements intermédiaires.
  • La durée de conservation retenue. Passer de sept à trente jours multiplie le volume de stockage, donc le dimensionnement de l’enregistreur.
  • La continuité de service attendue. Un dispositif qui doit fonctionner en cas de coupure suppose une alimentation secourue, dimensionnée avec le reste de l’installation en courants forts.

Ces trois points relèvent du dimensionnement, donc du travail de notre bureau d’études électricité avant tout choix de matériel.

Vidéoprotection et contrôle d’accès : un même réseau

Réponse canonique : caméras et lecteurs de badges partagent le même câblage structuré, souvent la même baie et la même alimentation. Les traiter ensemble évite de tirer deux fois les mêmes câbles et d’installer deux systèmes qui ne se parlent pas.

La cohérence des deux dispositifs a aussi un intérêt d’exploitation : savoir qu’un badge a ouvert une porte à une heure donnée et disposer de l’image correspondante n’a de valeur que si les deux systèmes partagent la même base de temps. C’est un point à cadrer au moment de l’étude du contrôle d’accès, dans le cadre plus large du lot courants faibles et sûreté.

Commerces et ERP : le cas des zones ouvertes au public

Réponse canonique : filmer une zone accessible au public ne relève pas du même régime que filmer des locaux privés. Le dispositif est alors soumis à une autorisation préfectorale, en plus des obligations d’information et de limitation des durées de conservation.

Pour un commerce, une salle d’accueil ou un établissement recevant du public, cela change trois choses concrètes. La demande d’autorisation doit être déposée avant la mise en service. L’affichage à l’entrée devient obligatoire et doit mentionner le responsable du dispositif. Et le cadrage doit rester proportionné : couvrir les caisses et les accès se défend, filmer l’intégralité de la surface de vente beaucoup moins.

Le régime des salariés continue de s’appliquer par ailleurs, puisqu’ils travaillent dans ces mêmes espaces. Une caméra orientée sur une caisse filme à la fois des clients et un poste de travail, ce qui impose un cadrage sur la zone de transaction et non sur l’opérateur.

FAQ

Combien de temps peut-on conserver les images de vidéosurveillance ?

Un mois constitue la durée de référence. Au delà, il faut pouvoir justifier la nécessité, par exemple par un risque spécifique documenté. En pratique, la plupart des incidents sont constatés dans les jours qui suivent, ce qui rend les conservations longues difficiles à défendre.

Faut-il l’accord des salariés pour installer des caméras ?

Leur accord individuel n’est pas requis, mais leur information l’est, et les représentants du personnel doivent être consultés avant l’installation. Un dispositif posé sans cette consultation expose l’employeur, et les images obtenues peuvent être écartées en cas de litige.

Peut-on filmer un salarié suspecté de vol ?

Une surveillance individuelle et continue d’un poste de travail est exclue en principe. Un dispositif orienté sur la zone de stockage des biens, et non sur la personne, reste possible s’il est proportionné et si les salariés en ont été informés.

Une caméra factice pose-t-elle problème ?

Elle ne traite aucune donnée, donc le cadre CNIL ne s’applique pas. En revanche elle ne produit aucune preuve en cas d’incident, et son effet dissuasif s’effondre dès qu’elle est identifiée comme telle. C’est rarement une économie.

Faire étudier votre projet de vidéoprotection

Transmettez-nous le plan de vos locaux et les zones que vous souhaitez couvrir. Nous vous dirons ce qui est filmable au regard du cadre CNIL, ce que votre infrastructure réseau existante peut absorber, et où se situe réellement le coût de votre projet.

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Dernière mise à jour : 08/08/2026
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