Bornes de recharge en copropriété

Ce que vous devez retenir :

  • ✅ Le droit à la prise permet à tout occupant d’installer une borne à ses frais sur sa place, sans vote de l’assemblée générale.
  • ✅ Le syndic dispose de trois mois pour s’opposer, et seulement pour un motif sérieux et légitime qu’il doit porter devant le tribunal judiciaire.
  • ✅ La vraie décision d’une copropriété n’est pas d’autoriser ou non : c’est de choisir entre l’installation au coup par coup et une infrastructure collective dimensionnée une fois pour toutes.

Le droit à la prise, en pratique

Réponse canonique : tout copropriétaire ou locataire disposant d’une place de stationnement peut faire installer une borne de recharge à ses frais. Il notifie son projet au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagné d’un descriptif des travaux et d’un schéma technique. Le syndic inscrit l’information à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, sans vote.

Pourquoi c’est vrai : le législateur a voulu éviter que le déploiement de la recharge en habitat collectif soit conditionné à une majorité de copropriétaires qui ne roulent pas en électrique.

Le syndic peut s’opposer dans un délai de trois mois, uniquement pour un motif sérieux et légitime : l’existence d’une installation équivalente déjà en place, ou la décision de réaliser des travaux collectifs de recharge dans les six mois. S’il s’oppose, il doit saisir le tribunal judiciaire et en informer le demandeur. Passé ce délai sans opposition, les travaux peuvent démarrer.

Coup par coup ou infrastructure collective : le vrai arbitrage

Réponse canonique : les installations individuelles successives saturent l’alimentation du parking bien avant que tous les demandeurs soient servis, et chaque nouvelle borne coûte plus cher que la précédente. Une infrastructure collective coûte davantage au départ et devient plus économique dès une poignée de raccordements.

La mécanique est simple à comprendre. Le premier occupant tire un câble depuis son compteur ou depuis un point d’alimentation du parking. Le deuxième fait de même. Au troisième ou au quatrième, la puissance disponible et le cheminement deviennent limitants, et il faut alors reprendre l’ensemble.

Une infrastructure collective, à l’inverse, consiste à poser une colonne horizontale dédiée dans le parking, alimentée par un point de livraison propre, sur laquelle chaque occupant se raccorde ensuite avec un compteur individuel. Le coût d’un raccordement supplémentaire devient alors marginal.

Trois éléments techniques décident du dimensionnement de cette colonne :

  • La puissance disponible au point de livraison, et le coût d’une éventuelle augmentation auprès du gestionnaire de réseau.
  • Le pilotage de la charge, qui permet de servir davantage de véhicules avec la même puissance en répartissant la recharge dans la nuit.
  • Le cheminement et la sécurité incendie du parking, qui commandent les modes de pose et les dispositifs de coupure.

Ce que dit la réglementation sur le pré-équipement

Les immeubles neufs et ceux ayant fait l’objet de travaux importants sont soumis depuis plusieurs années à des obligations de pré-équipement des places de stationnement, dont le taux a été relevé au fil des textes. Un immeuble récent dispose donc souvent déjà des fourreaux et parfois de l’attente électrique.

Le parc existant est une autre affaire. Dans un immeuble des années 1970 ou 1980, il n’y a ni fourreau, ni réserve de puissance, ni chemin de câbles utilisable. C’est là que se concentrent les projets réellement complexes, et là que l’étude préalable a le plus de valeur.

Sécurité incendie : le point que les syndics découvrent tard

Réponse canonique : l’installation de bornes dans un parking couvert modifie le risque incendie et impose de vérifier la cohérence avec les dispositions de sécurité du bâtiment, notamment les dispositifs de coupure d’urgence et le compartimentage.

Ce point est rarement abordé dans les offres commerciales et il remonte pourtant systématiquement lors des visites de la commission de sécurité ou de l’assureur. Il touche directement au domaine de la sécurité incendie et des SSI, et il vaut mieux le traiter à la conception qu’après coup.

Ce que couvre notre intervention

ETR intervient sur les copropriétés et les ensembles tertiaires en tant qu’installateur qualifié IRVE, sur la partie qui conditionne tout le reste : l’alimentation, la protection, la colonne et le raccordement au point de livraison.

Nous travaillons aussi bien avec des syndics qui préparent une infrastructure collective qu’avec des occupants qui exercent leur droit à la prise. Dans le second cas, nous disons souvent une chose que le demandeur n’a pas envie d’entendre : sa borne isolée compliquera celles des voisins. Voir notre page bornes de recharge IRVE et notre approche du déploiement en entreprise.

Le dimensionnement de la colonne et le calcul de la puissance disponible relèvent de notre bureau d’études, qui produit la note de calcul justifiant les sections et les protections retenues.

FAQ

Qui paie l’installation dans le cadre du droit à la prise ?

Le demandeur prend en charge l’intégralité des frais d’installation et sa consommation. La copropriété ne supporte aucun coût, sauf si elle décide par ailleurs d’un équipement collectif.

Le syndic peut-il refuser sans motif ?

Non. L’opposition doit reposer sur un motif sérieux et légitime, et le syndic doit saisir le juge dans le délai de trois mois. Une absence de réponse dans ce délai vaut acceptation tacite.

Existe-t-il des aides pour les copropriétés ?

Le programme Advenir soutient l’installation en habitat collectif, avec un taux et un plafond qui varient selon la nature du projet et le caractère individuel ou collectif de l’infrastructure. Les conditions évoluent régulièrement, il faut vérifier le barème en vigueur au moment de l’engagement.

Faut-il un compteur séparé par borne ?

Sur une infrastructure collective, chaque utilisateur dispose d’un comptage individuel qui permet de lui refacturer sa consommation. C’est précisément ce que ne permet pas un raccordement improvisé sur les parties communes.

Combien de temps prend un projet en copropriété ?

Le délai technique est court. Ce sont la décision collective, l’éventuelle demande d’augmentation de puissance et le délai du gestionnaire de réseau qui commandent le calendrier, généralement plusieurs mois.

Faire étudier votre parking

Transmettez-nous le nombre de places, la puissance souscrite de l’immeuble, l’année de construction et le nombre de demandes déjà exprimées. Nous vous dirons ce que votre alimentation actuelle permet et à partir de combien de bornes une infrastructure collective devient le choix économique.

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Dernière mise à jour : 15/08/2026
Périmètre : France, interventions en Normandie et en Île-de-France. Cadre juridique : articles du code de la construction et de l’habitation relatifs au droit à la prise, issus de la loi d’orientation des mobilités.