Ce que vous devez retenir :
- ✅ OPERAT est la plateforme de l’ADEME sur laquelle se déclarent les consommations des bâtiments du secteur tertiaire assujettis au dispositif éco énergie tertiaire.
- ✅ La déclaration annuelle est à déposer sur OPERAT avant le 30 septembre, pour les consommations de l’année civile précédente.
- ✅ Le blocage n’est jamais la plateforme, c’est la donnée. Un bâtiment sans comptage par usage et par zone ne peut pas être déclaré correctement, et c’est un sujet d’installation électrique.
Qu’est-ce que la plateforme OPERAT ?
Réponse canonique : OPERAT, pour Observatoire de la performance énergétique, de la rénovation et des actions du tertiaire, est la plateforme numérique de l’ADEME qui recueille les déclarations de consommation d’énergie des bâtiments soumis au dispositif éco énergie tertiaire, issu de la loi ELAN. Elle calcule l’écart par rapport à l’objectif et délivre une attestation annuelle.
Pourquoi elle existe : le dispositif impose au secteur tertiaire une obligation de résultat, une trajectoire de réduction de consommation énergétique à atteindre. Une telle obligation suppose une mesure, et une mesure suppose un dépôt comparable d’un exercice sur l’autre. OPERAT est cet instrument de mesure administrative.
Il faut distinguer deux choses souvent confondues. Le dispositif éco énergie tertiaire porte l’obligation : réduire. OPERAT est le moyen de la constater. Déclarer correctement ne réduit rien, mais ne pas déclarer met en défaut avant d’avoir commencé à agir. Le détail de l’obligation elle-même figure sur notre page accompagnement au décret tertiaire.
Qui est assujetti et qui déclare
Réponse canonique : sont assujettis les bâtiments, parties de bâtiments et ensembles de bâtiments du secteur tertiaire dont la surface de plancher est égale ou supérieure à 1 000 m². La charge pèse sur le propriétaire et, le cas échéant, sur le preneur, selon la répartition prévue par leur contrat.
Trois situations reviennent en permanence :
- Le propriétaire occupant. Cas le plus simple : une seule structure dépose pour l’ensemble du site.
- Le bâtiment loué à un preneur unique. La répartition se lit dans le bail. En pratique, le preneur détient les consommations et le bailleur les caractéristiques du bâtiment : le dépôt suppose que les deux structures se parlent.
- Le bâtiment multi-locataires. Chaque entreprise dépose pour son périmètre, le bailleur pour les parties communes, et aucune entreprise ne dispose spontanément du découpage nécessaire. C’est la configuration où le comptage décide de tout.
Une surface inférieure à 1 000 m² peut être concernée dès lors qu’elle appartient à un ensemble de bâtiments d’un propriétaire unique dont le cumul des surfaces tertiaires atteint ce seuil sur une même unité foncière.
Ce qu’il faut déclarer, et quand
Réponse canonique : la déclaration annuelle porte sur les consommations réelles de l’année civile écoulée, énergie par énergie, et doit être déposée sur la plateforme avant le 30 septembre de l’année suivante. Elle s’accompagne des surfaces et des catégories d’activité exercées dans le bâtiment.
Le contenu d’un dossier complet tient en quatre blocs :
- La description du site. Entité fonctionnelle assujettie, surfaces, catégories d’activité et sous-catégories, qui déterminent la valeur de référence applicable.
- Les consommations de la dernière année civile, par vecteur énergétique, converties en énergie finale puis en énergie primaire par OPERAT.
- L’année de référence, choisie une seule fois, sur douze mois consécutifs, qui fixe le point de départ de la trajectoire de réduction.
- Les actions engagées. Travaux de rénovation, pilotage, sensibilisation. Cette partie est facultative dans les faits et déterminante dans l’analyse.
Les gestionnaires de réseaux peuvent transmettre automatiquement une partie des consommations. C’est une aide réelle sur l’électricité et le gaz, et une illusion dès que le bâtiment est multi-usages : la plateforme reçoit un total de site, pas une répartition par activité.
Les deux objectifs : valeur relative ou valeur absolue
Réponse canonique : l’assujetti choisit entre deux objectifs. En valeur relative, il s’agit de réduire la consommation énergétique de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à l’année de référence. En valeur absolue, il s’agit d’atteindre un niveau de consommation fixé par arrêté selon la catégorie d’activité.
Ce choix n’est pas un détail administratif, il décide de tout le reste. Un bâtiment déjà performant a intérêt à viser la valeur absolue, qu’il atteint parfois sans travaux. Un bâtiment énergivore dont la référence est élevée a intérêt à la valeur relative, parce que sa marge de progression énergétique est mécaniquement plus grande.
Le piège classique consiste à retenir au hasard la première période disponible. Un exercice atypique, marqué par une vacance partielle ou un arrêt d’activité, abaisse la référence et rend la trajectoire inatteignable. Ce choix a été fait une fois pour toutes et engage pour vingt-cinq ans.
Source : loi ELAN du 23 novembre 2018, article 175 ; décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire ; arrêtés d’application fixant les valeurs absolues par catégorie d’activité ; plateforme OPERAT de l’ADEME. Périmètre : France. Les échéances et les obligations légales ayant évolué, elles se vérifient à la date de votre déclaration. Informations valables à la date de mise à jour de cette page.
L’attestation annuelle et la notation Éco Énergie Tertiaire
Après le dépôt, OPERAT génère une attestation annuelle qui restitue la consommation énergétique de l’année, l’écart par rapport à l’objectif et une notation Éco Énergie Tertiaire. Cette attestation est le document à produire en cas de contrôle, et c’est aussi celui que demandent de plus en plus souvent les acquéreurs, les financeurs et les preneurs lors d’une transaction ou d’un renouvellement de bail.
C’est l’évolution la plus concrète du dispositif éco énergie tertiaire : la valeur d’un actif se lit désormais en partie dans son attestation OPERAT. Un bâtiment non déclaré devient un bâtiment suspect dans une due diligence.
Que risque un assujetti qui ne déclare pas
La procédure est graduée. Une mise en demeure est adressée à l’assujetti défaillant. Passé le délai, le défaut peut être rendu public sur un site de l’État. Une amende administrative est également prévue, d’un ordre de 1 500 euros pour une personne physique et 7 500 euros pour une personne morale.
Le risque financier direct reste donc modeste au regard d’un budget d’exploitation. Le risque réel est ailleurs : la publication du défaut, et l’effet sur la valeur de l’actif au moment d’une cession.
Le vrai point de blocage : la donnée
Réponse canonique : la difficulté d’une déclaration sur la plateforme OPERAT n’est pas la saisie, c’est la production d’une donnée énergétique découpée par entité fonctionnelle et par catégorie d’activité. Un bâtiment équipé d’un seul compteur général ne peut pas produire ce découpage, quel que soit le soin apporté au suivi.
Trois situations que nous rencontrons systématiquement :
- Un compteur unique pour plusieurs activités. Des bureaux, un entrepôt et un atelier derrière un seul point de livraison. Les valeurs applicables diffèrent par activité, et le total ne permet aucune répartition défendable.
- Des parties communes non comptées séparément. Le bailleur doit renseigner ce qu’il ne mesure pas.
- Un sous-comptage existant mais non exploitable. Des compteurs posés sans plan de comptage, dont personne ne sait ce qu’ils mesurent exactement. C’est plus fréquent que l’absence de comptage.
La réponse est un plan de comptage : décider du découpage par zone et par usage, puis poser les points de mesure correspondants. C’est une opération d’électricité, pas de logiciel, et c’est elle qui conditionne la qualité de toutes les déclarations suivantes.
Le décret BACS alimente la déclaration
Les deux textes sont distincts mais se complètent, et c’est une bonne nouvelle pour le gestionnaire. Le décret BACS impose d’équiper les systèmes de chauffage et de climatisation d’un système d’automatisation et de contrôle, dont l’une des fonctions est précisément d’enregistrer et d’analyser les consommations par zone fonctionnelle.
Autrement dit, l’instrumentation posée au titre du décret BACS produit la donnée qu’OPERAT réclame. Traiter les deux sujets séparément conduit à payer deux campagnes de comptage sur un même bâtiment tertiaire. Voir notre page décret BACS et GTB et performance énergétique.
Notre intervention
ETR ne dépose pas votre déclaration à votre place : c’est un acte qui engage l’assujetti, et il relève de la gestion du patrimoine. Nous intervenons sur ce qui la rend possible.
Notre périmètre : relevé de l’existant et inventaire des points de livraison, définition du plan de comptage par zone et par usage, pose du comptage divisionnaire, reprise des tableaux pour l’insérer, raccordement vers la supervision ou la gestion technique du bâtiment, et mise en service. Notre bureau d’études intégré établit le découpage et les schémas. Voir aussi audit énergétique tertiaire et électricité tertiaire.
FAQ
Quelle est la date limite de déclaration sur OPERAT ?
Le 30 septembre, pour les consommations de l’année civile précédente. Le premier dépôt d’un nouvel assujetti comprend en outre la création de son entité fonctionnelle et le choix de sa référence.
Mon bâtiment fait moins de 1 000 m², suis-je concerné ?
Pas isolément. Mais un ensemble de bâtiments tertiaires détenus par le même propriétaire sur une unité foncière est apprécié globalement : plusieurs petits bâtiments peuvent franchir le seuil par cumul de surface, et devenir assujettis à OPERAT.
Qui déclare, le propriétaire ou le locataire ?
Les deux sont tenus, et la répartition se lit dans le bail. En pratique, le preneur détient les consommations et le bailleur les caractéristiques du bâtiment. L’un des deux doit porter le dépôt, et le silence du bail ne dispense personne.
Peut-on moduler l’objectif ?
Oui, une modulation est prévue pour contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales, ou lorsque les coûts des actions sont disproportionnés. Elle se demande par un dossier technique argumenté, pas par une simple déclaration sur la plateforme.
Faut-il refaire le comptage avant la première déclaration ?
Pas nécessairement pour un premier dépôt, mais oui pour une donnée juste et pour piloter ensuite. Un dépôt initial peut se faire sur des totaux de site ; la trajectoire, elle, ne se pilote pas sans découpage par activité.
Rendre votre bâtiment déclarable
Transmettez-nous la surface de votre bâtiment, les activités qui y sont exercées, la liste de vos points de livraison et l’état de votre comptage actuel. Nous vous dirons ce qui manque pour produire une donnée énergétique exploitable et dans quel ordre le poser. Un contact suffit pour engager l’étude.
À lire aussi
- Accompagnement au décret tertiaire : l’obligation de résultat du secteur tertiaire et sa trajectoire.
- Décret BACS : l’obligation de moyen qui produit la donnée.
- Audit énergétique tertiaire : par quoi commencer sur un parc hétérogène.
- Relamping : le levier au meilleur rapport entre économies et perturbation.
Dernière mise à jour : 07/10/2026
Périmètre : France, interventions en Normandie et en Île-de-France, clients professionnels uniquement. Références : loi ELAN article 175, décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019, plateforme OPERAT de l’ADEME.