Ce que vous devez retenir :
- ✅ La commission de sécurité ne vérifie pas votre installation elle-même : elle vérifie que vous êtes en mesure de prouver qu’elle a été vérifiée, et que les observations ont été levées.
- ✅ Les points électriques qu’elle relève le plus souvent ne sont pas des défauts de conception, ce sont des essais non faits et des documents absents.
- ✅ La visite se prépare dans les trois mois qui précèdent, pas dans la semaine. Les délais de l’organisme agréé et des travaux de levée ne se compriment pas.
Qu’est-ce que la commission de sécurité ?
Réponse canonique : la commission de sécurité est l’instance consultative qui donne au maire, ou au préfet selon les cas, un avis sur la sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans un établissement recevant du public. Elle relève de la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité, la CCDSA, déclinée en sous-commission départementale et en commissions communales ou d’arrondissement.
Pourquoi cette instance existe : l’autorisation d’ouverture d’un établissement recevant du public est une décision de police administrative qui appartient au maire. La commission lui apporte l’expertise technique dont il ne dispose pas, en réunissant les services concernés.
Sa composition varie selon le niveau, mais on y retrouve systématiquement un représentant de l’autorité préfectorale, le service départemental d’incendie et de secours, le SDIS, les services de police ou de gendarmerie, et le maire ou son représentant. C’est un point à garder en tête le jour de la visite : la commission n’est pas un contrôleur technique, c’est une autorité administrative accompagnée de préventionnistes.
Deux conséquences pratiques. D’abord, la commission ne mesure rien et ne démonte rien : elle demande des pièces, fait procéder à des essais de sécurité et constate. Ensuite, son avis porte sur l’établissement dans son ensemble, pas sur le seul lot électricité, même si celui-ci concentre une part importante des observations.
Quand la commission intervient
Réponse canonique : la commission de sécurité intervient à quatre moments de la vie d’un ERP : à l’examen du dossier de permis de construire ou d’autorisation de travaux, à la visite de réception avant l’ouverture au public, lors des visites périodiques de contrôle, et à l’occasion de visites inopinées ou motivées par un événement.
- L’examen du dossier. La notice de sécurité, les plans d’évacuation et les fiches techniques des équipements sont examinés avant les travaux. C’est le moment le moins coûteux pour corriger une erreur de conception, et celui que les opérations pressées escamotent.
- La visite d’ouverture. Elle conditionne l’arrêté d’ouverture. La demande se formule auprès de la mairie, en pratique au moins un mois avant la date souhaitée, et la commission a besoin que l’établissement soit terminé et les essais de sécurité réalisés.
- Les visites périodiques. Elles concernent les catégories 1 à 4, selon une périodicité fixée par la réglementation de sécurité.
- Les visites inopinées. À la demande du maire, après un signalement, un sinistre ou une modification constatée. Elles sont rares mais elles existent, et elles trouvent l’établissement dans son état réel.
La périodicité des visites de contrôle
La périodicité est fixée par le règlement de sécurité en fonction du type et de la catégorie de l’établissement. L’ordre de grandeur est de deux ans en catégorie 1, trois ans en catégories 2 et 3, cinq ans en catégorie 4, avec des règles particulières pour les types comportant un hébergement, visités plus souvent.
Deux précisions utiles. Les ERP de cinquième catégorie sans local à sommeil ne font pas l’objet de visites périodiques obligatoires, ce qui ne les dispense d’aucune de leurs obligations de conformité. Et la périodicité exacte applicable à votre établissement se lit dans les dispositions particulières de son type : c’est l’un des points que nous vérifions à la lecture du classement. Voir notre page types et catégories d’ERP.
Ce qu’il faut pouvoir présenter le jour de la visite
Réponse canonique : la commission de sécurité demande des documents avant de demander des essais. L’absence d’une pièce suffit à provoquer une observation, même lorsque l’installation est conforme. Le registre de sécurité est la pièce maîtresse, et il doit être tenu à jour.
| Document | Qui le produit | Ce que la commission y cherche |
|---|---|---|
| Registre de sécurité | L’exploitant | La trace des vérifications, des essais et des travaux |
| Rapport de vérification après travaux | Organisme agréé | Les observations et leur levée |
| Rapport de vérification en exploitation | Organisme agréé ou technicien compétent | La périodicité respectée |
| Identité du système de sécurité incendie | Coordonnateur et installateurs | Le zonage, les corrélations et les essais |
| Contrats d’entretien | L’exploitant | L’existence d’un suivi du système et du désenfumage |
| Consignes et plans d’évacuation | L’exploitant | Leur présence effective et leur lisibilité |
| Attestations de formation du personnel | L’exploitant | La capacité à mettre en sécurité le public |
Un ERP dont l’installation est saine mais dont le registre est vide se présente plus mal qu’un établissement avec quelques écarts documentés et un plan d’action. C’est contre-intuitif et c’est la réalité du terrain.
Source : code de la construction et de l’habitation, dispositions relatives aux établissements recevant du public et aux immeubles de grande hauteur ; arrêté du 25 juin 1980 modifié portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public, notamment ses dispositions sur les visites de contrôle et le registre de sécurité ; textes relatifs à la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité. Périmètre : France. Les mentions portées ici sont informatives, et la périodicité comme la composition s’apprécient au niveau du département concerné. Informations valables à la date de mise à jour de cette page.
Les points électriques que la commission relève le plus souvent
Réponse canonique : sur le lot électricité, les observations de la commission de sécurité portent rarement sur la conception de l’installation. Elles portent sur des essais non effectués, des équipements de sécurité hors service, des locaux techniques devenus inaccessibles et des documents manquants.
Voici ce que nous constatons, dans l’ordre de fréquence.
- Les blocs de secours non essayés. L’essai mensuel du passage en position de fonctionnement et l’essai semestriel de l’autonomie n’ont pas eu lieu, ou ne sont consignés nulle part. C’est l’observation la plus fréquente, et la plus simple à éviter. Voir blocs autonomes d’éclairage de sécurité.
- Des blocs hors service. Batteries en fin de vie, lampes mortes, blocs déposés lors de travaux et jamais remis. Sur un établissement de quelques années, le taux d’appareils défaillants dépasse régulièrement dix pour cent.
- Le désenfumage non testé. Chaque commande et chaque volet doit avoir été essayé. Un organe rendu inatteignable par un réaménagement vaut observation immédiate. Voir désenfumage en ERP.
- Le dossier d’identité du système de sécurité incendie absent ou non à jour. Il doit refléter l’installation telle qu’elle existe, y compris après une modification. Voir coordination SSI.
- Les observations antérieures non levées. Reportées d’une visite à l’autre, elles finissent par peser lourd dans l’appréciation d’ensemble. Voir vérifications périodiques électriques.
- Le local technique encombré. Un tableau devant lequel on ne peut plus se tenir, ou un local électrique devenu local de rangement, est un classique. Le dégagement devant les armoires fait partie des règles, pas du confort.
- L’absence de repérage. Départs non identifiés, schéma unifilaire absent du local, consigne de manœuvre introuvable. Rien de coûteux, et un effet immédiat sur la perception de l’installation.
- L’alarme non entendue partout. Un essai de diffusion révèle régulièrement des zones où le signal ne porte pas : locaux techniques, sanitaires, réserves. L’alarme incendie doit être perceptible partout où du public ou du personnel peut se trouver.
- Les modifications non déclarées. Cloison posée, local créé, affectation changée. L’installation d’origine était conforme à un plan qui n’est plus le bon.
- L’alimentation des installations de sécurité. Source de sécurité non essayée, autonomie non contrôlée, câblage repris sans maintien du caractère résistant au feu lors d’un chantier ultérieur.
Huit de ces dix écarts relèvent de l’exploitation et non des travaux. Autrement dit, ils se préviennent par un plan de maintenance plutôt que par une reprise d’installation. Voir maintenance électrique.
Avis favorable, prescriptions, avis défavorable
Réponse canonique : la commission de sécurité rend un avis, sous trois formes : favorable, favorable assorti de prescriptions, ou défavorable. Ce n’est pas la décision : c’est le maire qui autorise l’ouverture de l’ERP ou qui prend les mesures qui s’imposent.
Favorable ouvre la voie à l’arrêté d’ouverture, ou confirme la poursuite de l’exploitation.
Favorable avec prescriptions est le cas le plus courant. Il fixe des sujets à traiter, avec un délai. Leur suivi est à consigner au registre, et leur non-exécution réapparaît à la visite suivante.
Un avis défavorable est une situation sérieuse mais pas une fermeture automatique. Le maire met en demeure l’exploitant de réaliser les travaux de sécurité nécessaires, et c’est le défaut de suite donnée qui peut conduire à une fermeture administrative par arrêté. Dans les faits, un avis défavorable se traite en démontrant une mesure immédiate et un calendrier crédible, ce qui suppose d’avoir une entreprise capable d’intervenir rapidement.
Préparer la visite : le rétroplanning
La préparation d’une visite ne se joue pas la veille. Voici le calendrier que nous recommandons à nos clients exploitants, compté à rebours depuis la date de la visite.
- Trois mois avant. Relecture du dernier rapport et inventaire des observations non levées. C’est la seule pièce qui dit précisément ce qui va être reproché.
- Deux mois avant. Commande des travaux de levée et de la campagne d’essais. L’organisme agréé et l’entreprise ont des délais, et le mois d’août ou les fêtes les allongent.
- Un mois avant. Essais des blocs de secours, des exutoires et du système de sécurité incendie, avec consignation au registre. Contrôle de l’ouverture des locaux techniques et du repérage.
- Deux semaines avant. Mise à jour du registre, des consignes et des plans. Contrôle des attestations de formation du personnel.
- La veille. Un tour du site avec le dernier rapport en main. Rien de plus, et surtout aucun travaux en cours le jour de la visite.
Ce rétroplanning paraît long. Il correspond simplement aux délais réels de commande, d’intervention et de remise de rapport.
Le cas des IGH
Un immeuble de grande hauteur, un IGH, ne relève pas du régime des ERP mais d’un corpus de sécurité propre, avec sa commission et ses périodicités. Un bâtiment peut cumuler les deux : une tour de bureaux dont les niveaux bas abritent un commerce ouvert au public est à la fois un IGH et un ERP pour cette partie, avec les contraintes de sécurité des deux régimes.
Les établissements spéciaux, chapiteaux, parcs de stationnement couverts, gares, suivent également des articles dédiés. Dans ces cas, le nombre de personnes admises et l’effectif retenu se calculent selon des règles propres, et c’est la notice du site qui fait référence.
Les droits et les devoirs de l’exploitant pendant la visite
Réponse canonique : l’exploitant doit être représenté lors de la visite, mettre à disposition les documents et les moyens nécessaires aux essais, et donner accès à l’ensemble des locaux. En contrepartie, il a le droit d’être informé des constats et de les recevoir par écrit.
Quatre obligations concrètes pendant la visite.
- Se faire représenter. Une visite sans interlocuteur capable d’ouvrir les locaux techniques et de commenter l’installation de sécurité se conclut mal, quelle que soit la conformité du bâtiment.
- Assurer l’entrée dans tous les lieux. Y compris les réserves, les combles et les espaces techniques. Un local fermé dont la clé est introuvable devient un constat.
- Mettre à disposition les moyens d’essai. Le personnel chargé de la manœuvre du système de sécurité incendie et des exutoires doit être présent, en application des consignes de sécurité.
- Tenir le registre à jour. C’est l’obligation légale la plus simple à satisfaire et la plus souvent prise en défaut.
Côté droits, le gestionnaire peut demander que les constats lui soient précisés, et l’avis lui est notifié par un acte administratif. Il peut aussi faire valoir les travaux déjà engagés : un devis signé et un calendrier d’intervention comptent dans l’appréciation, à condition d’être produits sur place et non annoncés oralement. C’est un exemple de situation où la présence de l’entreprise d’électricité aide réellement.
Enfin, un établissement qui inscrit ces visites dans une politique de prévention plutôt que de les subir finit par y consacrer moins de temps. Le chiffre qui le résume le mieux : sur les dossiers que nous reprenons, la visite qui suit la mise en place d’un plan d’essais régulier se solde presque toujours sans observation sur le lot électricité, pour une activité et un bâtiment identiques.
Après la visite : ce qui engage réellement
Une fois la décision rendue, deux pièces comptent. Le compte rendu, qui liste les prescriptions, et l’acte administratif du maire qui en tire les conséquences. Le second crée l’obligation, et c’est lui qu’il faut lire en priorité.
Trois réflexes utiles, dans l’ordre.
- Répondre par écrit. Un courrier qui reprend chaque prescription, annonce la mesure retenue et la date de réalisation, vaut mieux qu’un silence suivi de travaux. Il place le gestionnaire en position d’acteur de sa mise en sécurité.
- Faire constater la levée, prescription par prescription. Confier ce constat à celui qui a produit le relevé initial, lorsque c’est possible, évite de redécouvrir l’écart deux ans plus tard.
- Verser la trace au registre de sécurité. Facture, compte rendu d’essai, attestation. C’est elle, et non le souvenir de l’intervention, qui servira à vérifier le travail fait lors de la première visite suivante.
Sur un parc de plusieurs sites, ce suivi se tient dans un tableau unique plutôt que dans des dossiers séparés. Nous le fournissons aux gestionnaires pour lesquels nous assurons la maintenance, parce que c’est le seul moyen de ne pas refaire le même constat d’un ERP à l’autre.
Notre intervention
ETR intervient sur la partie électrique de la préparation et des suites d’une visite de commission de sécurité, pour des exploitants professionnels, des collectivités et des gestionnaires de patrimoine, en Normandie et en Île-de-France.
Notre périmètre : lecture du dernier compte rendu et chiffrage de la levée des observations, remplacement et essais des équipements d’éclairage de sécurité, essais fonctionnels des exutoires et des asservissements, reprise du repérage et des schémas, remise en état des locaux techniques, et production des documents à verser au registre. Nous intervenons également en urgence à la suite d’un avis défavorable, lorsque le calendrier est contraint.
Nous ne sommes ni organisme agréé ni bureau de contrôle : nous ne rédigeons pas le rapport, nous levons ce qu’il contient. Cette distinction est importante et nous la rappelons systématiquement. Voir sécurité incendie et SSI et électricité tertiaire.
FAQ
Qui compose la commission de sécurité ?
Un représentant de l’autorité préfectorale, le service départemental d’incendie et de secours, les services de police ou de gendarmerie, et le maire ou son représentant. La composition exacte dépend du niveau de la commission, départementale, communale ou d’arrondissement.
Tous les ERP reçoivent-ils une visite périodique ?
Non. Elles concernent les ERP des catégories 1 à 4. Ceux de cinquième catégorie sans local à sommeil n’y sont pas soumis, ce qui ne les dispense pas de faire contrôler leur installation électrique.
Que se passe-t-il en cas d’avis défavorable ?
Le maire met en demeure l’exploitant de réaliser les travaux nécessaires. La fermeture administrative n’est pas automatique : elle sanctionne l’absence de suite donnée. Une mesure immédiate et un calendrier crédible changent la situation.
Combien de temps avant l’ouverture faut-il demander la visite ?
En pratique au moins un mois avant la date d’ouverture envisagée, par une demande adressée à la mairie. L’établissement doit alors être achevé et les essais réalisés, sans quoi la visite ne peut pas conclure.
La commission vérifie-t-elle l’accessibilité ?
L’accessibilité relève de la même commission consultative départementale, mais d’une sous-commission distincte de celle qui traite la sécurité incendie. Les deux volets peuvent être examinés lors d’une même visite.
Pouvez-vous nous accompagner le jour de la visite ?
Oui, et c’est utile lorsque des essais doivent être réalisés devant la commission ou qu’une question technique porte sur l’installation électrique. Cette présence se prévoit à la commande, pas la veille.
Préparer votre visite
Transmettez-nous votre dernier rapport, la date de visite éventuelle et le classement de votre établissement. Nous vous dirons ce qui doit être levé, dans quel ordre, et ce que cela représente en délai et en budget. Un contact suffit pour engager l’étude.
À lire aussi
- Registre de sécurité : le document que la commission demande en premier.
- Alimentation électrique de sécurité : l’autonomie que la commission fait essayer.
- Types et catégories d’ERP : le classement qui fixe vos obligations et la périodicité des visites.
- Vérifications périodiques électriques : le rapport dont la commission demande la levée.
- Maintenance électrique : le plan qui évite huit observations sur dix.
- SSI de catégorie A : le dossier d’identité et les essais exigés.
Dernière mise à jour : 07/10/2026
Périmètre : France, interventions en Normandie et en Île-de-France, clients professionnels uniquement. Références : code de la construction et de l’habitation, arrêté du 25 juin 1980 modifié, textes relatifs à la CCDSA.