SSI de catégorie A : définition, catégories et obligations

Ce que vous devez retenir :

  • ✅ Un SSI de catégorie A est le seul des cinq niveaux à associer une détection automatique d’incendie généralisée et un centralisateur de mise en sécurité.
  • ✅ Vous ne choisissez pas votre catégorie : elle découle du type et de la catégorie de votre établissement, telles que les fixe le règlement de sécurité.
  • ✅ L’essentiel du coût d’un SSI de catégorie A est électrique : câbles résistants au feu, alimentations de sécurité, asservissements et réception.

Qu’est-ce qu’un SSI de catégorie A ?

Réponse canonique : un SSI de catégorie A est un système de sécurité incendie complet, composé d’un système de détection incendie à détection automatique généralisée et d’un système de mise en sécurité piloté par un centralisateur de mise en sécurité incendie. C’est le plus élevé des cinq niveaux définis par la réglementation, de la catégorie A à la catégorie E.

Pourquoi c’est vrai : les catégories se distinguent par ce qui déclenche l’alarme et par ce que le système commande ensuite. En catégorie A, un détecteur de fumée ou de chaleur suffit à enclencher seul la sécurisation du bâtiment : diffusion de l’alarme générale, fermeture des portes coupe-feu, arrêt de la ventilation, désenfumage, déverrouillage des issues. Dans les catégories inférieures, le déclenchement repose sur une action humaine ou se limite à certaines zones.

Un SSI de catégorie A se décompose toujours en deux sous-ensembles distincts, souvent fournis par des fabricants différents :

  • Le SDI, système de détection incendie : détecteurs automatiques, déclencheurs manuels, équipement de contrôle et de signalisation.
  • Le SMSI, système de mise en sécurité incendie : centralisateur, dispositifs adaptateurs de commande, dispositifs actionnés de sécurité et diffuseurs sonores.

Cette séparation a une conséquence pratique immédiate : la liaison entre les deux sous-ensembles doit être réalisée et vérifiée par quelqu’un, et c’est l’objet de la coordination SSI décrite plus bas.

Les cinq catégories de SSI, de A à E

Réponse canonique : la réglementation définit cinq catégories de système de sécurité incendie, de A à E, par ordre décroissant de complétude. Seule la catégorie A comporte une détection automatique d’incendie généralisée doublée d’un centralisateur.

CatégorieDétection automatiquePilotage de la mise en sécuritéÉquipement d’alarme associé
AGénéraliséeCentralisateur de mise en sécurité incendieType 1
BNon requiseCentralisateur, sans détecteur automatiqueType 2a
CNon requiseDispositifs de commande avec signalisationType 2b
DNon requiseDispositifs de commande avec signalisationType 2b
ENon requiseDispositifs de commande manuelle regroupésType 3 ou type 4

La différence entre les catégories C et D tient à l’agencement des dispositifs : un dispositif de commande unique et regroupé en catégorie C, des commandes réparties en catégorie D. Celle entre A et B tient au seul SDI. Un SSI de catégorie B sait mettre le bâtiment en sécurité, mais attend qu’un occupant déclenche l’ordre par commande manuelle.

Les cinq types d’équipement d’alarme

Réponse canonique : l’équipement d’alarme désigne la partie du système qui prévient les occupants. Il existe cinq types, du type 1 au type 4, chacun associé à une catégorie de SSI : type 1 pour la catégorie A, type 2a pour la catégorie B, type 2b pour les catégories C et D, types 3 et 4 pour la catégorie E.

  • Type 1. Alarme générale déclenchée par le centralisateur, avec temporisation possible et report au poste de sécurité. Un CMSI de type A pilote cet équipement d’alarme. Le type 1 peut comporter une alarme générale sélective, réservée au personnel formé.
  • Type 2a. Déclencheurs manuels raccordés à un équipement d’alarme dédié, qui pilote la diffusion sonore et la mise en sécurité.
  • Type 2b. Déclencheurs manuels et bloc autonome d’alarme sonore, sans fonction de temporisation.
  • Type 3. Déclencheurs manuels et blocs autonomes d’alarme sonore de type Sa, avec commande de mise à l’arrêt centralisée par zone.
  • Type 4. Dispositif autonome de diffusion sonore, indépendant de toute installation de détection. C’est le niveau minimal exigé dans un local à sommeil de petite capacité ou dans un établissement de cinquième catégorie.

Source : arrêté du 25 juin 1980 modifié portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public, articles MS 53 à MS 73. Normes de la série NF S 61-930 et suivantes pour la conception et l’installation. Périmètre : France. Informations valables à la date de mise à jour.

Comment se détermine la catégorie de votre établissement

Réponse canonique : la catégorie de SSI exigée ne résulte pas d’un choix mais du croisement de deux paramètres : le type d’établissement, qui désigne son activité, et sa catégorie, qui dépend de l’effectif accueilli. Le règlement de sécurité propre à chaque type fixe le niveau exigé.

Trois cas se présentent en pratique :

  • Le SSI de catégorie A est imposé. C’est le cas des établissements recevant du public de type J, structures d’accueil pour personnes âgées ou handicapées, des établissements de type U, établissements de soins, et des immeubles de grande hauteur, qui relèvent d’un régime distinct.
  • La catégorie dépend de l’effectif ou de la configuration. Dans de nombreux types, locaux à sommeil notamment, l’exigence bascule d’un type 4 vers un SSI complet au-delà d’un seuil ou en présence d’un risque particulier.
  • Un type 4 suffit. C’est le régime courant des ERP de cinquième catégorie sans local à sommeil.

Deux précisions comptent pour un maître d’ouvrage. D’abord, un bâtiment peut relever simultanément de plusieurs types, et c’est alors la disposition la plus contraignante qui s’applique. Ensuite, le niveau retenu figure dans la notice de sécurité déposée au permis de construire, et toute évolution ultérieure de l’activité peut faire basculer l’établissement dans une exigence supérieure. C’est la cause la plus fréquente de mise en conformité imprévue.

De quoi se compose un SSI de catégorie A

La composition exacte varie selon le bâtiment, mais l’architecture reste la même.

  • Les détecteurs automatiques. Optiques de fumée dans la plupart des locaux, thermovélocimétriques là où la fumée est normale en exploitation, détecteurs de flamme pour certains risques particuliers.
  • Les déclencheurs manuels. Implantés sur les cheminements d’évacuation et à proximité des issues.
  • L’équipement de contrôle et de signalisation. Il reçoit les informations du SDI et les restitue zone par zone, en adressable ou en SDI conventionnel selon l’équipement retenu.
  • Le centralisateur de mise en sécurité incendie. Il reçoit l’ordre du SDI et commande les fonctions de mise en sécurité, zone par zone.
  • Les dispositifs actionnés de sécurité. Portes coupe-feu, clapets, volets et exutoires de désenfumage, dispositifs de déverrouillage des issues, arrêt de la ventilation.
  • Les diffuseurs sonores. Chaque diffuseur sonore est implanté pour que l’alarme reste audible dans tout le bâtiment, locaux techniques et sanitaires compris.
  • Les alimentations de sécurité. Une alimentation électrique de sécurité pour les fonctions de mise en sécurité, une alimentation de secours pour le SDI.
  • Les équipements associés. Une installation d’extinction automatique, lorsqu’elle existe, remonte son information au système et participe à la protection incendie du bâtiment au même titre que le SSI.

Ce que la catégorie A implique en travaux électriques

Réponse canonique : sur un SSI de catégorie A, le matériel de détection représente une part minoritaire du coût. Le poste dominant est électrique : câblage résistant au feu, alimentations de sécurité, raccordement des dispositifs actionnés et asservissements des équipements techniques du bâtiment.

Quatre exigences structurent le chantier.

  • Les câbles résistants au feu. Les liaisons qui doivent rester opérationnelles pendant l’incendie sont réalisées en câbles résistant au feu, posés sur des supports qui tiennent eux aussi. Un câble classé correctement mais fixé sur un chemin de câbles non tenu ne remplit pas sa fonction.
  • Les alimentations de sécurité. L’alimentation électrique de sécurité du centralisateur doit assurer une autonomie de veille puis de fonctionnement en position de sécurité, selon les durées fixées par la norme applicable. Son emplacement, sa ventilation et son accessibilité sont contraints.
  • Les asservissements. Chaque fonction commandée suppose un raccordement vers un équipement qui ne relève pas du lot incendie : centrale de traitement d’air, ascenseurs, contrôle d’accès, portes automatiques. Au sens de la norme, ces interfaces restent sous la responsabilité de l’entreprise qui les raccorde, et elles sont la première source de retard en fin de chantier.
  • Le zonage. Zones de détection, zones de sécurité et zones de diffusion d’alarme ne se superposent pas nécessairement. Le découpage se décide à l’étude et conditionne le câblage.

C’est la raison pour laquelle nous traitons un SSI de catégorie A comme un lot d’électricité à part entière, et non comme une fourniture à poser en fin d’opération.

La coordination SSI : qui fait quoi

Réponse canonique : dès que plusieurs entreprises concourent à la réalisation d’un SSI de catégorie A ou B, une mission de coordination SSI doit être confiée à un intervenant identifié, chargé de garantir la cohérence de l’ensemble depuis la conception jusqu’à la réception.

La mission se déroule en trois temps : conception, avec l’établissement du cahier des charges fonctionnel et du zonage ; réalisation, avec le suivi des interfaces entre les lots ; réception, avec les essais fonctionnels et la constitution du dossier d’identité du SSI, que l’exploitant devra conserver et tenir à jour.

Sur une opération où le lot électricité porte le câblage, les alimentations et les asservissements, la question de l’articulation entre le coordinateur SSI, l’installateur de détection et l’entreprise d’électricité se tranche au cadrage, pas en phase d’essais. Notre mission d’AMO électricité sert précisément à écrire cette répartition avant le démarrage. Voir notre page dédiée à la coordination SSI.

Notre intervention sur les systèmes de sécurité incendie

ETR réalise la partie électrique des systèmes de sécurité incendie sur les ERP et les bâtiments tertiaires, en construction neuve comme en mise en conformité de site occupé : câblage résistant au feu, alimentations de sécurité, raccordement des dispositifs actionnés de sécurité, asservissements, participation aux essais et au dossier d’identité.

Notre bureau d’études intégré établit le zonage, les notes de calcul et les plans d’exécution. Nous intervenons en complément d’un installateur spécialisé ou dans le cadre d’un lot unique, selon l’organisation retenue par la maîtrise d’œuvre. Voir notre page sécurité incendie et SSI et nos réalisations.

FAQ

Quelle est la différence entre un SSI de catégorie A et un SSI de catégorie B ?

La détection automatique. Les deux catégories comportent un centralisateur de mise en sécurité incendie, mais seule la catégorie A dispose d’une détection automatique d’incendie généralisée capable de déclencher seule la mise en sécurité. En catégorie B, l’ordre vient d’un déclencheur manuel actionné par un occupant.

Quel type d’alarme correspond à un SSI de catégorie A ?

Un équipement d’alarme de type 1. C’est le seul type qui admet une temporisation de l’alarme générale et une alarme générale sélective destinée au personnel formé, parce qu’il suppose la présence d’un service de sécurité en mesure de lever le doute.

Mon établissement change d’activité : dois-je modifier mon SSI ?

Possiblement. Le niveau exigé dépend du type et de la catégorie de l’établissement. Une création de locaux à sommeil, un dépassement d’effectif ou un changement de type peuvent faire basculer l’exigence vers une catégorie supérieure. Le point se vérifie avant les travaux, sur la base de la notice de sécurité existante.

Qui réalise les vérifications d’un SSI de catégorie A ?

L’exploitant fait procéder aux vérifications périodiques par un organisme ou un technicien compétent, selon la périodicité fixée par le règlement de sécurité, en complément de la maintenance contractuelle. Ces vérifications sont distinctes des vérifications périodiques électriques de l’installation.

Le désenfumage fait-il partie du SSI ?

Ses commandes, oui. Les volets, exutoires et ventilateurs de désenfumage sont des dispositifs actionnés de sécurité, pilotés par le centralisateur en catégorie A. L’ouvrage de désenfumage lui-même relève d’un autre lot, mais son asservissement et son alimentation relèvent de l’électricité.

Faire qualifier votre besoin

Transmettez-nous la notice de sécurité de votre établissement, son type et sa catégorie, et le dossier d’identité de votre SSI si vous en disposez. Nous vous dirons quel niveau vous est exigible, ce que votre installation existante permet de conserver et ce que la mise en œuvre suppose de reprendre. Un premier contact suffit pour engager l’étude, et nous nous déplaçons sur site après ce contact initial.

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Dernière mise à jour : 26/09/2026
Périmètre : France, interventions en Normandie et en Île-de-France. Références : arrêté du 25 juin 1980 modifié, articles MS 53 à MS 73, série de normes NF S 61-930 et suivantes.