Ce que vous devez retenir :
- ✅ Le désenfumage d’un ERP n’est pas une option de confort : il maintient praticables les cheminements d’évacuation et facilite l’intervention des secours.
- ✅ Les locaux à désenfumer sont désignés par des seuils de surface et par leur position, pas par l’exploitant.
- ✅ Les ouvrages relèvent du lot ventilation, mais leurs commandes, leurs alimentations et leurs asservissements relèvent de l’électricité.
À quoi sert le désenfumage dans un ERP ?
Réponse canonique : le désenfumage d’un établissement recevant du public a pour objet d’extraire une part des fumées et des gaz de combustion, afin de maintenir praticables les cheminements d’évacuation, de limiter la propagation de l’incendie et de faciliter l’intervention des secours. Il est régi par les articles DF du règlement de sécurité et par l’instruction technique 246.
Pourquoi c’est vrai : dans un incendie de bâtiment, la fumée tue avant la flamme. Elle rend les cheminements opaques, sature l’air respirable et transporte la chaleur vers les niveaux supérieurs. Le désenfumage ne protège pas les murs, il protège la sortie des personnes et l’accès des secours.
Le dispositif doit fonctionner au moment précis où l’installation électrique du bâtiment est menacée. C’est ce qui explique les exigences propres aux alimentations décrites plus bas, et pourquoi son utilisation reste limitée à la situation d’incendie.
Quels locaux doivent être désenfumés ?
Réponse canonique : dans un ERP, le désenfumage est exigé pour les escaliers encloisonnés, pour les circulations horizontales encloisonnées répondant à certains critères, pour les locaux de plus de 300 m² situés en rez-de-chaussée ou en étage, et pour les locaux de plus de 100 m² aveugles ou en sous-sol.
- Les escaliers. Un escalier encloisonné est désenfumé par balayage, avec une amenée d’air basse et une extraction haute, ou mis en surpression. C’est le point que la réglementation fait contrôler le plus systématiquement.
- Les circulations encloisonnées. Le critère dépend de la longueur du parcours, souvent trente mètres, de la desserte de locaux réservés au sommeil, du niveau d’implantation et de l’existence d’ouvrants en façade.
- Les locaux de plus de 300 m². Au-delà de ce seuil de surface, le local est désenfumé pour lui-même.
- Les locaux aveugles ou enterrés de plus de 100 m². L’absence d’ouverture extérieure abaisse le seuil : la fumée n’a aucune voie d’échappement naturelle.
Un point revient dans presque tous les dossiers de mise en conformité : une cloison posée après coup transforme un plateau ouvert en circulation encloisonnée, et fait naître une obligation qui n’existait pas à la réception. Le réaménagement d’un plateau de bureaux ou la création d’un couloir dans un local commercial sont soumis à autorisation de travaux.
Source : arrêté du 25 juin 1980 modifié portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public, articles DF 1 à DF 10 ; instruction technique 246 relative au désenfumage dans les ERP, version en vigueur ; code de la construction et de l’habitation. Périmètre : France. Informations valables à la date de mise à jour de cette page.
Désenfumage naturel ou désenfumage mécanique
Réponse canonique : deux techniques sont admises. Le désenfumage naturel repose sur le tirage thermique entre une amenée d’air basse et une évacuation haute, dimensionnées en surface utile. Le désenfumage mécanique repose sur des ventilateurs d’extraction, dimensionnés en débit d’extraction.
Le choix n’est pas libre : il dépend de la configuration du local, de sa hauteur sous plafond, de la possibilité de percer en toiture ou en façade, et de la réglementation propre au type d’établissement.
- Le naturel. Exutoires en toiture ou ouvrants en façade pour l’évacuation, amenée d’air par porte, ouvrant ou conduit. Le tirage naturel ne consomme aucune énergie, mais impose une surface libre que tous les bâtiments ne peuvent pas offrir.
- Le mécanique. Ventilateurs d’extraction raccordés à un réseau de conduits et de volets, avec amenée d’air naturelle ou motorisée. C’est la solution des locaux profonds, des niveaux enterrés et des bâtiments dont l’enveloppe ne peut pas être percée.
Un bâtiment combine souvent les deux : tirage naturel pour les escaliers, installation mécanique pour les circulations enterrées et les locaux aveugles. Ce mélange explique une part des écarts relevés en vérification, les deux techniques n’ayant ni les organes de pilotage ni les contraintes d’alimentation identiques.
Commandes, alimentations et asservissements
Réponse canonique : l’ouvrage de désenfumage relève du lot ventilation, mais sa partie active relève de l’électricité : commande manuelle à chaque niveau, alimentation des ventilateurs par câbles résistant au feu, coffrets de relayage, et asservissement au système de sécurité incendie lorsque le bâtiment en est équipé.
Quatre exigences structurent le chantier électrique.
- Les commandes manuelles. Un dispositif est implanté à chaque niveau, près de l’accès à l’escalier, à hauteur accessible et signalé. Sur un immeuble, cela représente autant de points de câblage que de niveaux desservis.
- Les alimentations. Les liaisons des ventilateurs et des volets sont réalisées en câbles résistant au feu, sur un départ dédié du tableau. Les ventilateurs sont classés pour continuer à fonctionner dans des fumées à haute température, pendant la durée fixée par la norme applicable.
- Les asservissements. Dans un bâtiment doté d’un système de sécurité incendie de catégorie A, volets et ventilateurs sont des dispositifs actionnés de sécurité, pilotés par le centralisateur. Leur raccordement et leur essai relèvent du même lot que le reste du câblage incendie.
- Les arrêts techniques. La mise en service du désenfumage suppose l’arrêt de la ventilation de confort du volume traité. Cet asservissement est l’un des plus souvent oubliés, et des plus simples à vérifier.
Vérifications et entretien
Une installation de désenfumage se vérifie périodiquement : essai fonctionnel de chaque commande et de chaque volet, contrôle des débits sur les réseaux mécaniques. La périodicité et la qualité de l’intervenant dépendent du type et de la catégorie de l’ERP.
Le constat de terrain est constant : les défauts relevés portent rarement sur l’ouvrage et presque toujours sur sa partie électrique. Organe rendu inaccessible par un réaménagement, volet qui ne revient pas en position, relayage hors service, arrêt du soufflage de confort non effectif. Ces écarts se corrigent vite, à condition d’être identifiés avant la visite.
Notre intervention
ETR réalise la partie électrique des installations de désenfumage sur les ERP et les bâtiments tertiaires, en neuf comme en mise en conformité de site occupé : commandes manuelles, alimentations en câbles résistant au feu, coffrets de relayage, raccordement des volets et ventilateurs, asservissements et essais.
Notre bureau d’études intégré établit les plans d’exécution et les notes de calcul. Voir aussi sécurité incendie et SSI et SSI de catégorie A.
FAQ
Le désenfumage est-il obligatoire dans tous les ERP ?
Non, mais il l’est dès qu’un local ou un cheminement entre dans l’un des cas désignés : escalier encloisonné, circulation encloisonnée répondant aux critères fixés, local de plus de 300 m² en rez-de-chaussée ou en étage, local de plus de 100 m² aveugle ou enterré.
Qui déclenche le désenfumage en cas d’incendie ?
Un occupant, par la commande manuelle du niveau, ou le système de sécurité incendie lorsque le bâtiment dispose d’un SSI de catégorie A. Dans ce second cas, la détection déclenche seule la mise en sécurité du volume concerné.
Un réaménagement intérieur peut-il créer une obligation ?
Oui, et c’est le cas le plus fréquent. Cloisonner un plateau crée des circulations encloisonnées, et supprimer un ouvrant ferme une voie d’extraction naturelle. Le point se traite au dépôt de l’autorisation de travaux.
Quelle différence entre désenfumage et ventilation ?
L’objectif et le régime d’utilisation. La ventilation traite l’air en exploitation normale. Le désenfumage ne fonctionne qu’en situation d’incendie, avec des matériels classés pour la température et des alimentations dédiées.
Faire qualifier votre installation
Transmettez-nous la notice de sécurité de votre établissement, les plans de vos niveaux et votre dernier rapport de vérification. Nous vous dirons quels locaux sont concernés et ce que votre installation électrique permet de conserver. Un contact suffit pour engager l’étude.
À lire aussi
- Alimentation électrique de sécurité : l’alimentation des ventilateurs de désenfumage.
- Commission de sécurité : les essais de désenfumage demandés le jour de la visite.
- Types et catégories d’ERP : le classement qui commande aussi le régime de désenfumage.
- Coordination SSI : les interfaces de désenfumage suivies en phase de réalisation.
- Maintenance électrique : les essais fonctionnels de commandes et de volets, année après année.
- Sécurité incendie et SSI : notre périmètre d’intervention complet.
- Bloc autonome d’éclairage de sécurité : l’autre équipement qui doit rester opérationnel.
- Vérifications périodiques électriques : lever les observations avant la visite.
- Électricité tertiaire : le cadre réglementaire d’un bâtiment professionnel.
Dernière mise à jour : 01/10/2026
Périmètre : France, interventions en Normandie et en Île-de-France. Références : arrêté du 25 juin 1980 modifié, articles DF 1 à DF 10, instruction technique 246.